mardi 7 juillet 2015

Maré, l'authentique

Hello les amis !

Après les immenses plages de sable blanc d'Ouvéa, nous voici sur l'île de Maré et ses côtes de rochers rugueux et abrasifs. Changement de décor donc, mais aussi d'ambiance, puisque Maré est sans doute la plus authentique des Loyautés.


Nous sommes accueillis chez Damas, au cœur de la tribu de Kurine. Ici c'est rustique : un simple tuyau d'eau pour l'eau courante ou la douche, une table sous un abris en guise de cuisine, et un grand champ sous les cocotiers où nous plantons la tente.


Damas est connu comme le loup blanc ici, il est intéressant, nous passons du temps à discuter avec lui, et il nous apprend pas mal de choses sur les coutumes locales, la vie de l'île... Il nous invite à prendre part à la fin d'une journée festive de sa tribu (journée au cours de laquelle on joue avec engouement au "Bingo", le loto d'ici) où de bons repas ont mijoté toute la journée. On a droit à une assiette de crabe de cocotier, un mets de premier choix ! Nous goûtons également à l'igname, gros tubercule, sorte de pomme de terre locale pour faire simple. Mais ne dites surtout pas à un kanak que c'est une vulgaire patate, car cette racine est sacrée et vénérée, tout un symbole. L'igname est un mets de choix réservé pour les grandes occasions et les bons repas. Il rythme d'ailleurs toute l'année : préparation des champs, plantation, entretien, récolte... Par exemple la saison des mariages a lieu uniquement au moment de sa récolte, de juin à septembre.

   L'igname en violet

   Igname au marché (4800 francs pacifiques = 40€)

   Marché local

Les coutumes sont très ancrées et sont très fortes. Le mariage dure plusieurs jours, c'est l'occasion de grandes réunions familiales parfois inter-tribus. Dans chaque tribu (voir même entre tribus) beaucoup ont un lien de parenté, chacun se présente ainsi : "lui c'est le cousin du neveu de la petite sœur de ma femme, et ben son frère c'est le fils de mon oncle !" vous avez suivi ? Nous pas tout... Ça semble bien consanguin quand même...

Ces moments de partage chez Damas sont l'occasion pour nous de tisser des liens avec les enfants du coin. On apprécie ! Pas facile jusque là d'échanger plus qu'un sourire avec les jeunes kanaks. 




Nous partons deux jours en rando à Shabadran. Cette zone reculée du Sud de l'île, sur la côte, est accessible uniquement à pied via un sentier plutôt difficile. Les rochers - coraux abrasifs et coupants comme rarement, ont eu raison de pas mal de paires de semelles à en voir le nombre déchiquetées sur le bord du chemin... Le décor est superbe tout le long du sentier. Le Pacifique est agité, beaucoup de houle, des grosses vagues qui viennent se fracasser contre le platier, une sorte de replat peu profond qui se termine brutalement par une falaise sous-marine impressionnante. Quasiment toute la côte est bordée par ce fameux platier, qui forme également des sortes de piscines naturelles à débordement. Magnifique !





Shabadran est sans doute très proche du paradis, une plage de sable fin à l'abri du tumulte marin grâce à ce rempart de piscines naturelles, des cocotiers, et des rochers aux formes biscornues. Lorsque le soleil illumine tout ce décor, des dégradés de bleus fantastiques viennent couronner le tout, c'est absolument grandiose !










Nous sommes seuls à rester bivouaquer ce soir là, quel bonheur de se retrouver seuls dans un endroit pareil et de se prendre pour Robinson Crusoé le temps d'une journée ! Paysage incroyable, cocos à volonté (cocos qui auront d'ailleurs raison de notre opinel...), petit feu à base de feuilles de cocotiers et de cocos séchées à la nuit tombée sous la lune quasi pleine, là on est au top du top!




Le lendemain, de retour chez Damas, nous grimpons dans un bus scolaire pour rejoindre Tadine et explorer le reste de l'île. La suite, au prochain épisode !

La bise du paradis !


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