vendredi 2 octobre 2015

La Paz

Hello tout le monde !

Une fois remis de nos émotions parinacotesques, nos quittons Sajama direction La Paz avec un petit pincement au cœur tant cet endroit nous aura séduits.

   Vue sur l'Illimani qui domine La Paz

Départ à 5h ce matin, pas le choix de l'heure puisqu'il n'y a qu'un seul départ du village par jour, mais surtout aujourd'hui c'est le jour du grand marché de Curahuara. Ce marché, personne ne veut le rater. En effet c'est l'endroit le plus proche pour les habitants de Sajama (1h30 de route) pour faire de grosses courses et pour se ravitailler en gaz. Et oui, on oublie trop vite la facilité de l'accès à l'énergie que nous avons en Europe, mais ici c'est bouteille de gaz ou rien: il n'y a pas de bois car les arbres ne poussent pas à si haute altitude, les excréments de lamas sont insuffisants, aucun combustible n'est donc accessible... Alors chacun vient régulièrement à ce marché, entre autres, pour échanger ses bouteilles de gaz vides contre des pleines pour les semaines à venir. Il est donc impensable de manquer ce rendez-vous bimensuel sous peine de ne plus pouvoir s'alimenter. Une file d'attente impressionnante s'allonge devant le camion salvateur d'accès à l'énergie... "L'énergie est notre avenir, économisons là", le slogan d'EDF prend subitement plus de sens...

   Petite photo souvenir avec l'exceptionnelle gérante de l'hôtel Patchamama à Sajama

   La fameuse file d'attente...

Nous parcourons ce marché qui se met en place progressivement dans le calme et la bonne humeur. On trouve de tout, mais absolument de tout ! De la nourriture en petites ou grandes quantités, des ustensiles de cuisine, des vêtements, du matériel de bricolage, de la laine de lamas et d'alpaga... C'est surprenant alors qu'on semble être au milieu de nulle part. C'est chouette de voir toute la vie locale s'animer et s'affairer activement au petit matin. On fait traîner le plaisir avec un petit déjeuner local lorsque le soleil pointe son nez pour réchauffer l'atmosphère, avant de reprendre deux collectivos successifs pour La Paz.



   Tas de laine...

   Même les lamas sont à vendre !

La Paz... Capitale la plus haute du monde... Située dans un canyon immense, cette ville semble à la fois sans fin et tellement isolée. L'environnement d'altitude sec et aride paraît si peu propice au développement d'une ville et encore moins d'une capitale.
On distingue facilement quelques quartiers. El Alto, tout en haut sur l'altiplano à 4100m d'altitude, est une vaste zone pauvre et très populaire de la ville. À l'inverse en bas, à 3600m, se situent les quartiers des affaires, de gros bâtiments, les ministères, les quartiers riches... En clair, en haut il fait plus froid donc les quartiers sont plus pauvres, et au contraire les quartiers du bas sont plus agréables à vivre, donc plus chers. L'inverse de chez nous !
Ces deux zones sont séparées par des quartiers intermédiaires accrochés aux pentes raides du canyon. La densité d'habitations est impressionnante. Les constructions sont toutes faites de briques rouges, le paysage a plutôt des couleurs chaudes.
Nous prenons de la hauteur avec le téléphérique flambant neuf pour admirer la ville dans son ensemble. Les locaux apprécient beaucoup ce tout nouvel ouvrage accessible facilement à beaucoup : 3 bolivianos le trajet, soit à peine 0,40€...






   Le Huyana Potosi qui lui aussi domine La Paz


On a la même impression qu'à Meddelin en Colombie : quel progrès de voir ces téléphériques désenclaver des quartiers bien reculés. Plusieurs autres lignes sont en cours de construction ou en projet. Dans quelques années, La Paz sera dotée d'un réseau de téléphériques franchement enviable, l'équivalent du métro dans les villes "plates". Nous sommes réjouis pour les habitants de la capitale, ravis de les voir eux aussi profiter des services des nouvelles technologies. Sans compter que ça fait des trajets en voiture en moins, et quand on respire l'air noir des pots d'échappement à longueur de journée, on se dit que c'est toujours ça en moins...
Nous sommes dimanche, et en arrivant au sommet du téléphérique à El Alto nous tombons sur l'immense marché bihebdomadaire. C'est un marché très populaire, à priori le marché le plus diversifié et accessible en termes de prix pour les locaux.


   On peut se peser pour des pacotilles...

   Manger une bonne glace ! Enfin... Sans nous on n'ose pas goûter !

   Ou boire un jus d'orange frais !

Mais d'une manière générale, La Paz est un supermarché immense à ciel ouvert. On trouve absolument de tout, et ça fonctionne par rue : la rue de la plomberie, celle des coiffeurs, puis celle des chapeaux, et ainsi de suite. Autant vous dire que la superficie est plutôt grande... Enfin on trouve de tout si on ne cherche rien de particulier, mais en revanche si on cherche quelque chose de précis, on peut y passer un sacré moment... Sans demander c'est peine perdue, mais sinon avec un peu de patience, on approche un peu plus son but à chaque fois qu'on demande à quelqu'un.

   Spécialité locale... Un énorme Pique Macho pour se remplir la panse ! Frites, saucisses, viande de bœuf, œufs, oignons, tomates, poivrons verts et sauces à gogo !

A propos d'étalages en tous genres, on ne peut pas oublier d'écrire un laïus sur le marché aux sorcières de La Paz... Ahlala, un quartier où l'on peut trouver toutes sortes de plantes, d'herbes, de pierres, de sables, de grigris ou autres objets naturels à des fins surnaturelles, de prières ou de thérapie. Bref ça ne ressemble à rien de commun... Le pompon restera les fœtus de lamas séchés qui pendouillent sur chaque étalage, à différents stades de gestation... Beurk, on a vraiment du mal à comprendre...


On ne restera pas longtemps à La Paz, la pollution nous insupporte et on doit avouer qu'on a de plus en plus de mal avec les très grandes villes. Céline couve un mauvais mal de ventre, Vincent laisse sa blessure de Sajama au calme, alors on prend la direction de Sucre pour les prochains jours espérant plus de calme (et de chaleur !).



La bise de tout là haut !



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